Le Darknet suscite la curiosité. On en entend parler dans les films, les séries, autour de nous, aux informations… On imagine un endroit étrange rempli de criminalité, de lanceurs d’alertes, d’espions, de personnages inquiétants. On vous donne toutes les clés pour découvrir ce vaste réseau souterrain par vous-même… À vos risques et périls !

Le Darknet, qu’est ce que c’est ?

Pour avoir un aperçu du Darknet, il faut concevoir Internet comme un vaste immeuble rempli d’appartement, mais aussi de parties souterraines, dites « underground », contenant les canalisations, les caves, les endroits sombres… Le Darknet, c’est cette partie qui se situe sous ce grand bâtiment : invisible pour ceux au-dessus, et dont la population se mêle et se démêle dans un noir complet. L’endroit est fermé par une grande porte massive, et il faut un type de clé bien spécial pour l’ouvrir.

Dans un langage plus technique, c’est un réseau superposé (overlay) qui met en place des techniques d’anonymat. L’ensemble des sites web présents dans ce réseau ne sont pas indexés par les moteurs de recherche traditionnels : contrairement aux sites grand public, leur intérêt n’est pas du tout d’attirer l’attention, mais bien de rester invisible à la masse des utilisateurs classiques. Ils ne sont pas surveillés par les fournisseurs d’accès internet (FAI). Pour parvenir à ce résultat, ils bloquent les robots de référencement des moteurs de recherche. Le réseau n’est accessible qu’à l’aide d’outils spécifiques. Les plus connus sont Tor, i2p et Freenet.

Les adresses des sites web sont différentes des URL classiques, finissant souvent par des « .onion » (une référence aux différentes couches que possède un oignon), et leurs utilisateurs ne peuvent pas être tracés : ils ne sont donc pas identifiables. C’est là ou le Darknet prend un grand intérêt : grâce à la garantie de cet anonymat, des groupes en profitent pour y exercer toutes sortes d’activités illégales, comme la vente de drogue ou d’armes à feu, notamment via des cryptomonnaies. Et ce n’est pas un mythe, on peut même louer les services d’un tueur de gage. Les réseaux pédophiles sont aussi connus pour utiliser le Darkweb, vous pourriez même tomber sur des « snuff movies », des vidéos réelles de torture.

Mais au-delà de cette part criminelle, le Darknet permet aussi à l’information de circuler librement, loin de la censure et du contrôle des états totalitaires. Sans l’existence de ce réseau souterrain, ils risqueraient leur vie à chaque fois qu’ils communiqueraient. Reporters sans frontières est l’un des principaux promoteurs du Darknet, justement car il permet la protection des reporters de guerre et des journalistes d’investigation.

C’est aussi un formidable outil pour les lanceurs d’alertes, et un espace de liberté pour les utilisateurs qui auraient un comportement prétendu déviant dans leur pays de résidence (l’homosexualité par exemple, encore interdite dans nombre de pays). Il permet aussi des échanges positifs entre les passionnés d’informatiques et les grands défenseurs de l’internet libre.

En somme, ce n’est pas un réseau malveillant : seule la manière dont les utilisateurs l’utilisent définit son orientation.

Deepweb, Darknet, Darkweb : quelles différences ?

Le Darknet est souvent confondu par les novices par le Deepweb. Le Deepweb est un terme qui regroupe une définition beaucoup plus large : il englobe toutes les pages restreintes aux utilisateurs ou non référencées par les moteurs de recherches d’Internet. Ainsi, il comprend des pages du Darknet, mais aussi votre page de profil Facebook par exemple, ou votre messagerie personnelle. Il recouvre donc une multitude de pages internet qui peuvent être de toutes les catégories possibles. Vous n’avez donc pas besoin d’outils spéciaux ou d’un navigateur dédié pour accéder au DeepWeb, il suffit de savoir où chercher.

Le Darkweb est très proche du Darknet : c’est le web non indexé et accessible uniquement via des moyens spécifiques. C’est aussi un terme utilisé couramment pour faire référence au web criminel au sens large. Pour comprendre simplement la distinction entre les deux, il faut retenir que le Darkweb désigne le contenu, alors que le Darknet correspond à l’infrastructure, c’est-à-dire les modalités techniques selon lesquelles ce contenu est créé et mis à disposition.

Les risques que vous encourez en allant sur le Darknet

Le réseau étant totalement anonyme, il n’y a pas de notion légale. Ainsi, il convient de vous protéger pour éviter les déconvenues. La grande liberté qu’offre cet espace est très attrayante, mais il n’est pas uniquement pour vous : il l’est aussi pour les virus et les hackers. Le Cheval de Troie de la Citadelle est l’un des programmes les plus connus et il est redoutable, il est capable de récupérer toutes les informations de vos comptes bancaires et de vos réseaux sociaux.

Vous devez aussi vous protéger des autorités, qui n’apprécient pas vraiment les utilisateurs de ce réseau qu’elles ne peuvent pas complètement contrôler. Un jugement récent de la Cour suprême des Etats-Unis a d’ailleurs légiféré sur le fait que le simple fait d’utiliser Tor était suffisant pour que votre ordinateur puisse être surveillé et fouillé par le FBI n’importe où dans le monde.

Quelles précautions prendre avant de se rendre sur le réseau ?

Pour vous garantir un anonymat complet, en ne vous reposant pas uniquement sur celui apporté par TOR, et éviter ce genre de problèmes, il est conseillé d’avoir recours à un VPN. C’est un réseau privé virtuel composé de plusieurs serveurs installés dans une multitude de pays. En se connectant à l’un d’entre eux, votre adresse IP est modifiée. Avec ce système, impossible de retracer votre ordinateur et aucune information vous concernant ne sera vu sur le web.

En ce qui concerne les virus et les hackers, cette fois, difficile de passer outre. Même avec une fausse adresse IP, une partie de ces pirates virtuels peuvent tout de même retrouver votre appareil. Un VPN peut permettre d’obtenir une certaine sécurité en rendant plus difficile le cryptage de vos données, mais il ne la rendra pas impossible.

Pour limiter les risques, vous devez faire attention à votre comportement lorsque vous naviguerez sur le Darknet. En premier lieu, ne téléchargez pas de programmes qui pourraient permettre un accès à votre ordinateur ou modifier l’un de vos logiciels déjà installés, ce serait donné la possibilité aux autres anonymes d’avoir accès à vos données. Si vous voulez télécharger un document, prenez bien garde à ne pas l’ouvrir tant que vous êtes connecté sur le Darknet et garantissez votre protection en utilisant le protocole « https » lors de votre navigation.

Comment accéder au Darknet et naviguer sur sa toile ?

Ça y est, vous avez conscience des risques que vous prenez et vous avez sécurisé votre ordinateur avec un VPN, vous êtes donc fin prêt à vous lancer dans l’aventure.

Télécharger le browser Tor

Vous devez d’abord télécharger le browser TOR (The Onion Router). C’est un navigateur qui ne contient aucune censure, par conséquent, il possède la totalité des sites qui peuvent exister sur la toile.

Sa connexion est complètement chiffrée, ce qui permet votre anonymat : lorsque vous ouvrez une requête sur Tor, le nœud d’entrée aura connaissance de votre adresse IP. Mais votre trafic va ensuite traverser des nœuds intermédiaires avant de terminer par le nœud de sortie qui enverra seulement à ce moment-là votre requête au site désiré. Le nœud de sortie connaîtra par conséquent le site internet auquel vous voulez vous connecter, mais, suite à tout votre cheminement, il n’aura pas accès à votre adresse IP initiale.

Il est très facile de trouver où le télécharger : en utilisant un moteur de recherche classique, vous l’obtiendrez en quelques minutes. Il est disponible sur Windows, Mac, Linux et Android. Attention cependant à bien récupérer le lien de téléchargement du site officiel, sinon vous risqueriez d’installer un logiciel malveillant.

Se rendre sur les sites internet

Lorsque vous arrivez sur le navigateur TOR, vous serez sûrement surpris : il n’y a pas d’indexation de pages sur le Darknet donc aucun système de recherche par mots-clés comme les browser classiques. Pour pouvoir vous rendre sur les sites cachés, vous devez trouver un annuaire de liens.

Deux solutions s’offrent à vous : vous pouvez vous rendre directement sur inthehiddenwiki.net via un moteur de recherche classique ou rentrer l’adresse kpvz7ki2v5agwt35.onion sur Tor. L’adresse de chaque site web est volontairement composée de lettres et de chiffres qui n’ont pas de sens pour rester discret et anonyme.

Accéder à d’autres parties du Darkweb

Vous savez désormais comment aller sur le Darkweb et accéder à son contenu. Il existe cependant d’autres navigateurs qui vous permettront d’accéder à d’autres parties du Darkweb.

Freenet

Freenet propose tout un écosystème anonyme complet (mail, blogs, messagerie, forums etc.), en étant particulièrement concentré sur les activités politiques. Chaque utilisateur peut lire et mettre en ligne du contenu. Sa conception particulière permet son immortalité : personne, même ses concepteurs, ne peuvent stopper son fonctionnement.

I2P

I2P est un réseau overlay 2P conçu pour permettre aux utilisateurs de communiquer anonymement : ni l’expéditeur ni le destinataire ne peut être identifié par l’autre, ni par un tiers. La communication est donc chiffrée de bout en bout. Sur le web classique, un destinataire est identifié par son adresse IP, alors que ce réseau l’utilisateur est relié à une clef cryptographique. Les applications peuvent envoyer de façon anonyme et sécurisée des informations entre elles.

Connaître la sensation du Darknet sans les risques : Welcome to the game

Si toute cette logistique vous paraît compliqué, et que vous ne voulez pas compromettre votre sécurité ni vous retrouver dans les dossiers du FBI, vous pouvez connaître la sensation d’être sur le Darknet grâce à un jeu disponible sur Steam : Welcome to the game.

Vous incarnerez un journaliste obligé d’explorer les profondeurs du Darknet pour porter secours à une jeune femme traquée par des tueurs à gages. Posté derrière votre ordinateur, vous devrez trouver huit clés cachées dans le Deepweb et résoudre plusieurs énigmes en navigant sur plusieurs sites. Attention cependant, vous pourriez vite être piraté. Et même kidnappé, si vous ne regardez pas assez derrière vous…

 

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