Savez-vous quel élément d’information a été jugée la plus capitale au cours du procès de Silk Road, le marché noir du Darknet, à Manhattan en 2015 ? Un émoji de visage souriant. Eh oui ! L’apparition des émojis constitue le bouleversement le plus marquant dans notre mode de communication sur Internet. Toutefois,  la compréhension de ces langages hiéroglyphiques varie d’une personne à l’autre. D’où viennent-ils et comment sont-ils interprétés ? Essayons de découvrir leurs secrets.

Smileys, émoticônes, Emojis : des origines diverses

Qui aurait cru que l’on pouvait exprimer tant de choses à travers de petites images ? Les émojis ont bien évolué pour devenir le nouveau langage du millénaire. Ils ne sont toutefois pas les premiers du genre, car ils s’inspirent d’autres caractères : les smileys et les émoticônes.

Les smileys : un sourire bon pour le moral

L’origine du smiley remonte à 1963 dans le Massachusetts, aux États-Unis. Le dessinateur Harvey Ball avait été chargé de créer une image pour remonter le moral des employés d’une compagnie d’assurance. Il aurait passé dix minutes à esquisser un visage souriant sur du papier jaune. Il a choisi ce support de dessin tout simplement parce qu’il lui paraissait « ensoleillé ».

Les émoticônes : nés d’une mauvaise blague

Avant les émojis, il y avait les émoticônes. Ce sont des expressions faciales réalisées avec des signes de ponctuation. Les premiers émoticônes sont apparus dans un numéro du magazine américain Puck, en 1881. La revue présentait quatre « visages » exprimant la joie, l’affliction, l’indifférence et la stupeur.

Toutefois, ce fut lors d’une « fake news » qui a eu lieu à l’Université Carnegie-Mellon de Pennsylvanie en 1982 que les émoticônes ont été utilisés pour la première fois afin d’exprimer un état d’esprit.

Une rumeur s’était répandue sur le campus quant à une fuite de mercure dans l’ascenseur, ce qui a mis l’établissement en émoi. Comme il était devenu difficile de faire la part entre les informations douteuses et celles qui étaient véridiques, un membre du corps enseignant appelé Scott Fahlman a trouvé une solution.

Il a proposé de marquer les messages humoristiques avec les caractères  🙂 et un visage renfrogné 🙁 pour ceux qui étaient plus sérieux.

Les émojis : une invention nippone

Les émojis ont été créés en 1998 par Shigetaka Kurita. Ce Japonais, qui avait à l’époque 25 ans, cherchait un moyen de communication par le biais d’icônes pour les utilisateurs de l’opérateur de téléphonie NTT DoCoMo.

Le résultat a donné un ensemble de 172 icônes qu’il a baptisé « emoji ». Ce terme résulte de la fusion de deux mots japonais : « e » qui signifie « image » et « moji » qui veut dire « caractère ». Les premiers émojis s’inspirent de mangas et des idéogrammes « kanji ».

Aujourd’hui, il existe plus de 1 800 emojis ou stickers. Le plus beau dans tout ça ? Nous n’avons pas besoin de pencher la tête de côté pour les comprendre.

Les stickers : une culture, une langue et une génération

Bien qu’ils parlent plus fort que les mots, les stickers ne sont ni peu ni prou universels. Si les Occidentaux ont tendance à chercher l’émotion dans la bouche de l’émoticône, les Orientaux, eux, la recherchent dans ses yeux.

Autrement dit, leur message diffère selon le point du globe où vous vous trouvez. Pour éviter quelques malentendus, voici quelques exemples de variations culturelles :

  • Signe des cornes : au Brésil, en Italie, en Grèce, au Portugal, en Colombie et en Argentine, les cornes indiquent que la personne a été trompée par son partenaire.

  • Pouce levé : qui est sans conteste un signe d’approbation dans les cultures occidentales à l’instar des « j’aime » sur Facebook, Messenger et LinkedIn. Attention, il est assimilé à un geste obscène en Grèce et au Moyen-Orient !

  • Geste de la main : considéré comme une insulte en Turquie, et équivaut à un doigt d’honneur en Amérique et en Europe.

  • Claquement de mains : c’est une marque de louange et de félicitations chez les Européens. Pour les Chinois, c’est un symbole de fornication.

  • Visage légèrement souriant : s’il est interprété comme un signe de bonheur dans quasiment tous les pays, les Chinois y voient de la méfiance ou de l’incrédulité.

  • Bébé ange : peut signifier une bonne action accomplie ou l’innocence en Occident, alors qu’il peut exprimer une menace en Chine.

  • Aubergine : évidement, cet émoji désigne le légume. Aux États-Unis et en Irlande, il a une forte connotation sexuelle principalement chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Au bout du compte, les émojis nous aident à donner vie à nos émotions et à nos sentiments en l’absence d’un contact visuel, de la voix ou de gestes physiques. Ils sont devenus une autre manière de nous exprimer efficacement au-delà des mots.

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